LOI n° 2003-88 du 3 février 2003 visant à aggraver les peines punissant les infractions à caractère raciste, antisémite ou xénophobe (1)

NOR : JUSX0206165L
ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2003/2/3/JUSX0206165L/jo/texte
Alias : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2003/2/3/2003-88/jo/texte
JORF du 4 février 2003
Texte n° 2
ChronoLégi
ou du

Version initiale


L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :


  • Après l'article 132-75 du code pénal, il est inséré un article 132-76 ainsi rédigé :
    « Art. 132-76. - Les peines encourues pour un crime ou un délit sont aggravées lorsque l'infraction est commise à raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.
    « La circonstance aggravante définie au premier alinéa est constituée lorsque l'infraction est précédée, accompagnée ou suivie de propos, écrits, images, objets ou actes de toute nature portant atteinte à l'honneur ou à la considération de la victime ou d'un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »


  • Avant le dernier alinéa de l'article 221-4 du même code, il est inséré un 6° ainsi rédigé :
    « 6° A raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »


  • Après le sixième alinéa de l'article 222-3 du même code, il est inséré un 5° bis ainsi rédigé :
    « 5° bis A raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ; ».


  • Après le sixième alinéa de l'article 222-8 du même code, il est inséré un 5° bis ainsi rédigé :
    « 5° bis A raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ; ».


  • Après le sixième alinéa de l'article 222-10 du même code, il est inséré un 5° bis ainsi rédigé :
    « 5° bis A raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ; ».


  • Après le sixième alinéa de l'article 222-12 du même code, il est inséré un 5° bis ainsi rédigé :
    « 5° bis A raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ; ».


  • Après le sixième alinéa de l'article 222-13 du même code, il est inséré un 5° bis ainsi rédigé :
    « 5° bis A raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ; ».


  • L'article 322-2 du même code est complété par un alinéa ainsi rédigé :
    « Lorsque l'infraction définie au premier alinéa de l'article 322-1 est commise à raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la personne propriétaire ou utilisatrice de ce bien à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, les peines encourues sont également portées à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 EUR d'amende. »


  • L'article 322-3 du même code est complété par un alinéa ainsi rédigé :
    « Lorsque l'infraction définie au premier alinéa de l'article 322-1 est commise à l'encontre d'un lieu de culte, d'un établissement scolaire, éducatif ou de loisirs ou d'un véhicule transportant des enfants, les peines encourues sont également portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 EUR d'amende. »


  • Après le troisième alinéa de l'article 322-8 du même code, il est inséré un 3° ainsi rédigé :
    « 3° Lorsqu'elle est commise à raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la personne propriétaire ou utilisatrice du bien à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »
    La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.


Fait à Paris, le 3 février 2003.


Jacques Chirac


Par le Président de la République :


Le Premier ministre,
Jean-Pierre Raffarin
Le garde des sceaux, ministre de la justice,
Dominique Perben



(1) Travaux préparatoires : loi n° 2003-88.
Assemblée nationale :
Proposition de loi (n° 350) ;
Rapport de M. Pierre Lellouche, au nom de la commission des lois, n° 452 ;
Discussion et adoption le 10 décembre 2002.
Sénat :
Proposition de loi, adoptée par l'Assemblée nationale, n° 90 (2002-2003) ;
Rapport de M. Patrice Gélard, au nom de la commission des lois, n° 139 (2002-2003) ;
Discussion et adoption le 23 janvier 2003.

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